Fin du système Cliiink : une remise en question du recyclage du verre en France

La fin du système Cliiink, annoncée récemment par les médias locaux, relance un débat essentiel : comment recycler efficacement le verre aujourd’hui en France ?
Ce dispositif, basé sur une récompense financière pour encourager le tri du verre, vient d’être abandonné sur certains territoires. Une décision qui interroge sur les limites des systèmes incitatifs et sur l’avenir réel du recyclage du verre.


Le système Cliiink : une solution incitative pour le recyclage du verre

Le dispositif Cliiink reposait sur une idée simple : récompenser le geste de tri.
Chaque dépôt de verre dans un conteneur équipé permettait de cumuler des points, transformables en bons d’achat chez des partenaires locaux.

Sur le papier, le concept semblait prometteur :

  • inciter au tri du verre
  • augmenter les volumes collectés
  • responsabiliser les citoyens

Mais dans la pratique, les résultats n’ont pas été à la hauteur des attentes.


Pourquoi le système Cliiink a été abandonné

Après plusieurs années de fonctionnement, les collectivités concernées ont dressé un constat clair :
👉 le coût du système est trop élevé par rapport aux bénéfices réels.

Avec un abonnement annuel d’environ 35 000 €, le dispositif n’a pas permis une amélioration significative et durable du recyclage du verre. Le geste de tri ne peut pas reposer uniquement sur une récompense financière.

Cette décision marque donc la fin d’un modèle basé sur l’incitation, au profit d’une réflexion plus globale sur la gestion des déchets.


Vers un retour à la consigne du verre

Face à l’échec du système Cliiink, certaines collectivités choisissent de réorienter leur budget vers la consigne des bouteilles en verre.
Un modèle plus ancien, mais pourtant bien plus vertueux.

La consigne permet :

  • la réutilisation directe du verre
  • une réduction de l’énergie nécessaire à la refonte
  • une diminution réelle des déchets

Contrairement au simple recyclage, la consigne s’inscrit pleinement dans une logique d’économie circulaire.


Le grand oublié : le verre non recyclable

Un point reste pourtant largement ignoré dans ces débats : le verre dit non recyclable.
Vaisselle, plats en Pyrex, vitrocéramique, lustres, verres techniques…
👉 Ces matériaux ne vont ni dans les bennes à verre, ni dans les filières classiques.

Résultat :

  • ils finissent enfouis
  • ou incinérés
  • alors qu’ils pourraient être transformés autrement

C’est ici que des solutions artisanales et locales prennent tout leur sens.


Recyclage du verre : repenser les modèles existants

La fin de Cliiink montre une chose essentielle :
👉 le recyclage du verre ne peut pas être uniquement technologique ou financier.

Il doit s’appuyer sur :

  • la pédagogie
  • la proximité
  • des filières adaptées à chaque type de verre
  • des acteurs engagés sur le terrain

Le recyclage du verre non recyclable, encore absent des politiques publiques, représente un enjeu majeur pour réduire l’enfouissement et donner une seconde vie à ces matériaux oubliés.


Conclusion : une opportunité de faire mieux

L’arrêt du système Cliiink n’est pas un échec du recyclage du verre, mais un signal fort.
Il est temps de :

  • repenser les solutions existantes
  • sortir du tout-technologique
  • valoriser les approches locales, artisanales et circulaires

Recycler le verre, oui.
Mais recycler tout le verre, pas seulement celui qui rentre dans les cases.

Andreia MATOS
Author: Andreia MATOS

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